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Edito

La météo ? La température ? La pluie ? On ne peut rien promettre mais, de toute façon, vous vous en fichez. En revanche, la musique ? Ça, on en est sûr : ce sera énorme.

Il n'a pas suffi de faire des croix sur un catalogue ou d'appeler les producteurs de spectacles en disant à chacun « Coco, fais-moi plaisir, envoie-moi le meilleur ».

Non, il a fallu peser, mesurer, hésiter, parier, oser. Ce n'est pas parce que ce Printemps est le trente-cinquième que nous ne nous sommes pas posé les mêmes questions que chaque année depuis 1977 : qu'a-t-on envie de partager, quels artistes nous paraissent les plus intéressants, qu'est-ce qui nous enthousiasme, pour qui a-t-on envie de prendre des risques ?

Alors on verra à Bourges, du mercredi 20 au lundi 25 avril, des artistes pointus et des gros succès de l'année, des légendes et des météores, de solides aînés et des jeunes encore fragiles, des sensations toutes fraîches et d'efficaces roublards... Une grosse majorité des cent artistes de la programmation officielle viennent pour la première fois, outre la trentaine de Découvertes. Mais beaucoup reviendront - les meilleurs, les plus pugnaces, les plus durablement créatifs.

Et, comme chaque année, l'aventure des spectateurs va être belle, entre retrouvailles avec les artistes aimés, révélations inattendues et vérifications des buzz de saison. Il y aura bien des grincheux pour grogner que c'est trop facile de réussir un festival en programmant les meilleurs concerts. Mais ce n'est pas la seule raison pour laquelle le Printemps de Bourges compte autant pour son public et pour les artistes. La modération du prix des places, l'accueil des festivaliers, la qualité de la relation entre le festival et sa ville, son engagement écologique, tout cela fait un événement singulier et - disons-le ! - exemplaire.

Évidemment, tout cela a un coût qui pèse de plus en plus à mesure que la puissance publique se désengage du domaine des musiques populaires. C'est pourquoi le Printemps de Bourges a décidé d'approfondir son partenariat avec le Crédit Mutuel qui, tout en respectant l'identité et l'intégrité artistiques du festival, lui apporte des ressources accrues.

Voilà comment, avec le soutien de tous ses partenaires publics et privés, le Printemps peut proposer trois soirées avec Yael Naim, une création autour de l'Afrique, la rencontre du jazzman Baptiste Trotignon avec Christophe Miossec, une brassée de stars (Catherine Ringer, Cali, Zaz, Katerine...), des soirées rap ou metal... Pour la troisième année consécutive, la Rock'n'Beat Party associe électro et rock pendant une nuit entière sur les scènes du Phénix et du Palais d'Auron : Cassius, The Do, Beat Torrent et une dizaine de sommités des musiques les plus remuantes de l'année. L'idée est excellente ? Répétons-là ! Dimanche à 18h commence un imposant Sunday Reggae long de huit heures au Phénix et au Palais d'Auron. Au programme, le meilleur de la Jamaïque avec The Original Wailers et le meilleur de l'Afrique avec Tiken Jah Fakoly, mais aussi un tour d'Europe du reggae avec des artistes italiens, allemands, scandinaves et même français. Ce n'est pas parce qu'il revient chaque année que le Printemps ne devrait pas être toujours neuf...

D. C.